__________ Partiellement
_______________________MoiElle est née comme tout le monde. Elle décédera probablement comme tout le monde, ou presque puisque, étant d'une nature légèrement narcissique et pleine de fierté, elle s'est toujours sentie unique, veut et exige d'être unique. Ce qui vous le jugerez, n'a aucun lien de signification mais se veut être d'une extrême importance à ses yeux. Cependant c'est ce côté décalé mais simple et naturel qui lui valait son charme. Elle aimait qu'on l'idolâtre, adorai qu'on se prosterna à ses pieds. Je ne sais si l'on considéra cela comme le meilleure des défauts ou la pire des qualités mais elle était ainsi, nullement autrement. Point. Gamine par certaines et beaucoup de ses manières, très mure physiquement et mentalement tout de même par d'autre côté, je l'aimais régulièrement. A la différence qu'aimer ne résonnait pas de la même façon à mes yeux. Me lancerai-je peut être plus tard dans un fabuleux discours philosophique sur l'amour...L'Amour dit-on, avec ce grand A comme... Arthur ¹, Arnaud ² et Amer ³. Mais qui sommes-nous enfait pour juger et dire ce qu'est concrètement ce sentiment abstrait ?
Elle, elle avait tout pour elle. Un corps méthodiquement dessiné, une chevelure sauvage dont les teintures variaient au gré de ses sentiments, des yeux océan, et un sourire éblouissant. Tout d'une vie somptueuse où ses yeux pétillaient de bonheur, ses journées frémissaient aux mélodieuses vibrations de son innocente pudeur, son incroyable naïveté. Elle était jeune, pleine de bon sens, d'amour propre, de générosité, d'affection et de nombreuses autres qualités. Elle était tout le contraire de moi. Je ne sais la manière dont notre rencontre s'entrepris. Fut-ce le destin qui nous réunis ? Mais cette rencontre marqua a jamais nos vies. Je ne connaissais rien de tout, je ne connaissais rien du tout. Une étrange peur incontrôlée s'était dès lors emparée de moi : Cet inconnu, ce nouveau. Un changement ? Je ne savais qu'une chose : elle était moi, j'étais elle, et à nous deux, nous formions une ravageuse équipe... Je ne connu sans aucun doute qu'une grande, pure, et réelle histoire d'amour. Celle de toute ma vie, celle qui dure éternellement. Elle fut celle-ci.
« Il n'y a pas de début sans fin », or ma vie ne s'est toujours pas achevée, pas encore non. J'insiste alors bêtement sur cet insignifiant détail du commencement de nous. De moi même, car c'est par cet amour envers elle que je me construisis. Que ce soit au grand jour, dans l'ombre la plus totale, sous une pluie incessante de crises, au dessus des éclats interminables de joies... J'ai seize ans, j'entame donc ma dix septième année ici, là bas, ou ailleurs. Peu importe. Ma grande histoire c'était elle. Mon amour, c'était le sien.
Je me résumais donc à peu de choses et j'étais tellement. Après elle, beaucoup aurai pu prendre le trône, cette place importante aussi. Mais ces personnes ne sont toujours pas arrivées. Ou peut être me suis-je trop accoutumée à cette histoire avec elle. Désormais mes histoires se contenteront de la simple « fuite vers des mondes inconnus », celle où l' « on fuit celui qui nous suit, où l'on suit celui qui nous fuit ». D'ailleurs elle ne porte pas de nom puisque elle n'est rien d'autre que moi. Cette autre moi. Avec ses autres mots... Ni ma s½ur pour autant, ni ma meilleure amie non plus. Je me confondais en elle. C'était une parfaite fusion : deux esprits en un corps, deux âmes partagés, deux êtres distingués. L'une complétait l'autre. Le tout formait ce que j'étais, ce que je suis et ce qui me fait évoluer. J'isolais donc ces deux parties qui me constituaient réellement. Un peu comme le Ying et le Yang, l'Ange et le Démon, le Jour et la Nuit... Ces éléments inséparables, indissociables consubstantiels. En la décrivant je me décrivais partiellement. Ce qui lui manquait, je le possédais. Nous formions ce Moi.